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Dossier: Les nouveaux métiers de santé #3

Les infirmiers en pratique avancée, ou IPA, peuvent en exercice libéral, suivre des patients atteints de pathologies chroniques stabilisées, mais aussi de polypathologies courantes en soins primaires ou de mettre en place des actions de dépistages et de prévention. Nous avons rencontré une infirmière en pratique avancée bretonne, installée depuis janvier 2021, sur Redon. Elle nous a raconté son parcours et décrit les missions qu’elle développe en collaboration, sur son territoire.

Le 19 juillet 2018, deux décrets et trois arrêtés sont parus au Journal Officiel et ont officialisé l’exercice infirmier en pratique avancée, nouvelle voie d’évolution et d’expertise pour la profession. Cet exercice est autorisé pour des infirmiers titulaires d’un diplôme d’état en pratique avancée, et ayant au minimum trois ans d’expérience professionnelle, après une formation universitaire de 2 ans dans une faculté de médecine.

 

Angeline VILLERT-GEFFROY, nouvellement installée à la Maison médicale du cœur, des vaisseaux et du diabète de Redon, en tant qu’IPA libérale en mode exclusif, a fait « le pari fou » de se lancer exclusivement dans ce nouvel exercice.

Engagée depuis sa jeunesse dans le monde associatif, elle s’est, naturellement, orientée vers le métier d’infirmière qu’elle exerce depuis depuis plus de 20 ans. Après plusieurs années, d’exercice hospitalier, elle a participé à favoriser l’accès aux soins pour les personnes en rupture avec le soin. Cette expérience , complétée par une certification de conseillère conjugale et familiale lui a permis d’avoir une vision de la personne sous une dimension plus globale et de définir les déterminants de santé qui favorisent les ruptures dans le parcours de soins. Elle décide de se former au nouveau métier d’infirmière en pratique avancée « pour pouvoir prévenir, diminuer les ruptures de soins, évaluer l’état de santé des patients et les besoins exprimés par les professionnels de santé et les patients et avoir le luxe d’avoir des entretiens [avec la personne accompagnée] de 45 minutes à une heure pour poser les choses ».

Dans le cadre de son travail de recherche, Angeline a rencontré une partie des médecins généralistes de son territoire, afin d’ étudier l’implantation des IPA au regard de la représentation des besoins.

« L’IPA doit trouver sa place, qui ne sera ni celle de l’infirmière ni celle du médecin ».

Elle se confronte donc à une première difficulté qui est celle de la méconnaissance de la profession d’IPA, c’est pour cela qu’elle décide, dès son installation, d’informer les professionnels de santé de son territoire sur les missions de son métier. Concrètement, le décret précise que la pratique avancée recouvre des activités d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage, des actes d’évaluation et de conclusion clinique, des actes techniques et des actes de surveillance clinique et paraclinique, des prescriptions de produits de santé non soumis à prescription médicale, des prescriptions d’examens complémentaires, des renouvellements ou adaptations de prescriptions médicales.

La Maison Médicale du cœur, des vaisseaux et du diabète pilotée par le Dr François AMIEL , cardiologue à Redon, accueille Angeline VILLERT-GEFFROY (dans le cadre d’un programme ETAPES) pour proposer une offre d’éducation thérapeutique individualisée pour les patients atteints de pathologie cardiovasculaire chronique inclus dans un dispositif de télésurveillance (1 minute pour mon cœur-NEWCARD).

Angeline VILLERT GEFFROY, IPA,  propose 3 entretiens d’éducation thérapeutique, comprenant un diagnostic éducatif individuel, qui permet de définir les objectifs avec le patient et de faire un état des lieux de ses connaissances sur sa maladie, mais également la prise en compte des freins et des éléments facilitant l’atteinte de ces objectifs sur lequel repose les prochains entretiens individualisés. Angeline se rend au domicile du patient « toujours dans cette notion de mieux comprendre le patient et faciliter l’échange puisqu’(elle) est invitée chez eux ».

L’IPA contribue à replacer le patient, comme l’acteur principal de sa santé, en lui donnant des clés pour y parvenir. Il lui est important de permettre au patient d’acquérir et maintenir des compétences d’auto soins et d’adaptation, passant aussi par la connaissance de sa maladie, de son traitement favorisant ainsi l’observance thérapeutique et la détection des signes d’alerte. Dans l’optique de favoriser la communication et la coordination sur son territoire, elle adresse les comptes-rendus des entretiens aux médecins traitants et infirmières des patients suivis.

Depuis son installation, Angeline a fait le choix de ne développer qu’un champ des activités autorisées par le décret d’exercice : « Je ne peux pas tout développer et ça je le sais [..] il faudra du temps, faire ses preuves, montrer ses compétences et montrer la plus-value qu’ une IPA peut avoir ».  Ses premiers patients apprécient le temps qu’elle consacre avec eux pour poser les choses et dans le cadre du parcours de soins leur rappelle des consultations de spécialistes oubliées ou préconisées. Elle souligne que pour elle « le droit de prescription n’est pas une finalité en soi » et qu’elle a conscience que pour prendre en compte cette compétence de l’IPA « il faut que chacun soit prêt ». Elle espère pouvoir continuer à développer son activité d’éducation thérapeutique malgré une nomenclature minimaliste sous forme de forfait ( 3 types de forfait autorisés : le forfait d’éligibilité, le forfait initial et le forfait de suivi possible 3 mois après) qui, parfois, peut lui donner l’impression d’avoir une activité non reconnue car non rétribuée pour l’ensemble des entretiens réalisés entre deux forfaits. Le patient orienté a une prise en charge à 100% dans le cadre de son ALD ou bénéficie sinon du 1/3 payant. 

Depuis son installation, animée par la notion de parcours et le travail en collaboration, Angeline participe à différents groupes de travail menés dans le cadre du projet de CPTS sur le territoire de Redon, pour elle « l’exercice isolé n’a aucun intérêt pour une IPA ». Véritable acteur de l’exercice coordonné, l’IPA saura trouver sa place dans un projet de CPTS, projet innovant reposant entre autres sur la co-construction et l’interconnaissance.

 

« L’implantation et le déploiement de l’IPA ne pourra se faire que si le lien entre la situation présente et un futur désiré est identifiable au travers de ce nouveau métier ».


Angeline VILLERT GEFFROY : avillert@IPAbzh.com

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